lundi 2 février 2009

"Sur la route"

Me voici de retour. Toujours un œil dans le rétroviseur. Un œil sur le chemin parcouru. Un chemin fait de doutes, de déceptions, de joies et, surtout, de beaucoup de persévérance.
Ecrire c’est bien beau. C’est souvent un plaisir. Mais ce qu’il y a après…
Le premier jet d’une nouvelle est toujours assez rapide. Une matinée y suffit. On s’arrête avec un sentiment de satisfaction, la tête pleine de personnages, de rebondissements et d’émotions. En général, je suis heureux d’avoir raconté une nouvelle histoire. Je devrais plutôt dire d’avoir dérobé une histoire inédite au Grand Fonds des Histoires Non Encore Ecrites. Car il me plait à imaginer qu’il existe, quelque part dans une autre dimension, une gigantesque bibliothèque qui conserve toutes les histoires du monde. Il suffit de s’y servir. Certains auteurs sont abonnés aux rayons « Philosophie », « Poésie » ou « Théâtre », d’autres errent dans les travées « Biographies » ou « Histoire » ou encore « Vie Pratique ».
Moi je suis coincé au rayon « Littératures de l’Imaginaire ». Ce n’est pas pour me déplaire, notez bien. J’arrive même parfois à dégoter de belles histoires, mais j’ai parfois l’impression que les meilleurs rayons sont trop hauts pour moi. Ceux qui recèlent les meilleurs récits, sont hors de portée. Faudrait que je grimpe sur un escabeau, mais y’en a pas ! Et puis il y a tellement de trous dans l’alignement des histoires... Il faut dire que des générations d’écrivains se sont servies et qu’ils ont souvent pris ce qu’il y avait de meilleur.
Mais on peut encore trouver des pépites en cherchant bien.
Parfois, aussi, on revient avec une histoire mais pour une raison ou pour une autre on n’a pas tout à fait réussi à la retranscrire. L’essai est manqué. On a gâché l’idée et on a beau essayer de l’améliorer, en général rien n’y fait.
Ce sont les corrections qui prennent le plus de temps.
Si j’étais en forme (inspiré ?) au moment de l’écriture, il n’y a pas trop de scories et je fais en général quatre ou cinq versions avant de parvenir à une version définitive. Par contre, si j’ai ramé pour rapporter mon récit du Grand Fonds, alors là… Les versions intermédiaires s’empilent jusqu’à la nausée et le résultat final n’est jamais satisfaisant.
« Sur la route » parue dans le numéro 9 de Black Mamba, ne fait pas vraiment partie de cette série. Elle m’a été inspirée par une nouvelle poisseuse de Tennessee Williams « Je te donne une pomme…», que j’ai voulu pousser à son paroxysme. Elle est illustrée par Fred Boulet.
Je suis très fier d’avoir eu une nouvelle publiée sous une couverture de Jean-Claude Claeys. Il a illustré tous les livres de la collection « Le miroir obscur » chez NEO dans les années 80.
Au fait, et pour conclure, saviez vous que Tennessee Williams avait publié une de ses premières nouvelles payées dans un Pulp magazine ? Il s’agissait de Weird Tales, mythique revue qui a fait découvrir Lovecraft, Howard, Clark Aston Smith, Robert Bloch et tant d’autres encore. L’histoire s’intitulait « La vengeance de Nitocris ». Comme quoi, même les plus grands auteurs ont commencé à se servir aux rayons « Littérature de l’imaginaire ! »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire