jeudi 23 avril 2009

Yves-Daniel CROUZET et le Grand Prix du roman de l’été 2009 Femme Actuelle

Certains vont commencer à trouver mon silence suspect, à se dire que ce n’est pas normal que je parle si peu du Grand Prix du roman de l’été Femme Actuelle, dont l’annonce officielle des résultats aura lieu, je le rappelle, le 29 avril prochain.
Les plus malins ne manqueront pas de s’interroger sur le fait que mon éditeur m’a demandé de changer mon titre.
Qu’est-ce que cela cache ? Ou révèle, c’est selon !
Faut-il y voir une coupable dissimulation de votre serviteur ou une sincère ignorance ?
Et bien… La vérité…, la vérité c’est que je n’ose pas y penser et encore moins y croire. Je me l’interdis !
Vous comprenez, j’ai été tellement déçu lors des résultats du prix VSD du Polar.
Cette note désastreuse, ce 2/10, m’est définitivement restée en travers de la gorge !
Mais pour vous, je vais faire un petit effort et, timidement, regarder au cœur de mes doutes.
La chance me sourira-t-elle cette fois ? Car c’est bien ça la question, hein ?
Goûterai-je ce bonheur unique de voir mon livre récompensé, puis largement distribué et donc peut-être, trouver son public ?
C’est un rêve fou que je caresse depuis si longtemps… Depuis l’adolescence en réalité.
Un rêve trop longtemps écarté du revers de la main comme on chasse une mouche importune. Car devenir écrivain pour un fils de métallurgiste, relevait du rêve insensé et irréalisable. De la mégalomanie.
Et pourquoi pas rock star pendant que j’y étais ?
Le sourire en coin, plein de commisération, que j’ai si souvent vu naître sur le visage de mes interlocuteurs était là pour me le rappeler.
Il signifiait : « Faut pas rêver bonhomme ! »
Certains n’hésitaient pas à me le dire, tandis que d’autres partaient d’un petit rire moqueur aussi traître et cruel qu’une dague plantée dans le dos.
« Les gâcheurs de rêves », voilà comment j’ai pris l’habitude d’appeler ces tristes sires. Ceux qui refusent qu’on puisse s’élever plus haut. Ceux qui veulent vous couper les ailes, parce qu’ils en sont eux-mêmes dépourvus. Ceux pour qui, seuls l’argent et la réussite sociale, comptent.
« Que te rapportent tes histoires ? » me disaient-ils.
« D’un point de vue financier rien. Mais, à part ça, beaucoup de bonheur ! » répondais-je invariablement.
Je lisais l’incompréhension dans leur regard. Faire quelque chose gratuitement, quelle hérésie par les temps qui courent ! Il n'y a que ce qui s’achète et se vend, qui trouve grâce à leurs yeux. C’est à cette seule aune qu’ils mesurent la valeur d’un individu. A son compte en banque. Aux vacances lointaines qu’il s’offre dans des hôtels aseptisés. Au 4x4 rutilant qu’il arbore. A sa Rolex, comme dirait notre ami Jacques Séguéla (qui s’est excusé depuis).
Je n’ai jamais pu leur faire comprendre le bonheur que j’éprouvais à une simple (simple ? si c’était simple ce ne serait pas si bon !) publication dans un fanzine. Je n'ai jamais pu leur faire toucher du doigt, la joie enfantine qui était la mienne à voir qu'une histoire sortie de mon imagination, était retranscrite noir sur blanc, parfois accompagnée d’un dessin, dans les pages d’une modeste revue. Le plaisir infini de savoir que d’autres allaient la lire et peut-être même l’aimer !
Alors, ce prix si je l’ai, sera le prix de la différence. Le prix de ma différence. Une différence que je partage avec beaucoup d’autres passionnés dont vous faites sans doute partie puisque vous perdez votre temps à me lire (et, pour eux, le temps c’est de l’argent, n’est-ce pas ?).
Ce prix, n’importe lequel des trois prix, le Grand Prix, le Coup de Cœur de M. Coelho ou le prix du Jury, si je l’ai, j’aimerais le leur dédier, à ces empêcheurs de rêver en rond.
Ce sera ma façon de les saluer bien bas.
Et le souffle de mon chapeau imaginaire, garni de magnifiques plumes de rêve, agité devant leur visage chafouin, sera le plus beau des camouflets !
Vous comprenez maintenant les raisons de ma prudence et de ma discrétion.
Non, vraiment, je ne veux pas donner à la bêtise une nouvelle occasion d’avoir raison !

2 commentaires:

  1. J'écris en amateur, et je connais le prix du OUI d'un éditeur, ou d'une revue, mais je suis aussi libraire,pour vivre, et je sais à quel point le rapport qualité/publication est une chose totalement illusoire, fragile, rare. Gardez l'envie d'écrire en vous, quoiqu'il arrive pour ce concours...qui n'est qu'un concours!!

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  2. Merci de ce commentaire réaliste.
    Je n'attache qu'une importance relative aux concours. Ce qui m'importe, c'est surtout l'opportunité qu'ils offrent ensuite : une vraie diffusion !
    Mais quel que soit le résultat mercredi, je continuerai d'écrire... au moins jusqu'à ce que je rattrape mon rêve !

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