lundi 18 mai 2009

Corriger ou ne pas corriger (2)

Il y a deux ou trois jours, j’évoquais avec vous mes « états d’âme » sur les corrections à apporter ou non à un texte écrit il y a quelques temps.
Ces réflexions se sont révélées fort utiles lorsque j’ai reçu dernièrement le manuscrit de mon roman pour une « ultime » relecture.
Ultime ? Voire…
Je pensais que ce serait un jeu d’enfant et que ça ne me prendrait que quelques heures.
Résultat, j’y ai passé le week-end !
Un travail nécessaire pour traquer, avant que l’ouvrage ne soit définitivement proposé au public, la plus petite faute d’orthographe, le moindre « mal dit » ou la coquille intempestive !
C’est du boulot, mais ça en valait la peine, je vous assure !
A titre d’exemple voici une perle qui mérite d’être narrée.
L’un des personnages féminins de mon roman s’appelle Hakima. Il s’agit d’un lieutenant de police d’origine algérienne. Pour varier un peu les appellations (jeune femme, policière, femme-flic, lieutenant…) j’avais envisagé d’utiliser le terme « beur » passé dans le langage courant. Jugé peu seyant, la correctrice m’avait alors proposé « métisse », sauf que ben… une métisse, c’est pas une beur ! Il peut y avoir des métisses de beurs, mais beur et métisse, c’est pas du tout la même chose.
Aussi, lui opposais-je un « niet », tout net.
Les jours passent, deviennent des semaines (c’est plutôt rassurant !) et je reçois mon manuscrit. Je m’aperçois à la relecture que cette recommandation a été oubliée (ça arrive, rien de grave, puisque je peux encore corriger !).
Je suis toutefois passablement surpris lorsque je découvre, au détour d’une phrase, qu’un de mes personnages se retrouve avec « un œil au métisse noir » et qu’un peu plus loin un autre lance un étonnant « Métissek ! ».
L’explication de cette étrange interjection, est dans le dialogue suivant entre quatre amis d’enfance :

« Gascogne se tourna vers moi, l’œil brillant :
- D’abord, ce sont de vrais cigares roulés entre les cuisses de superbes señoritas !
- Beurk ! fit Collardo.
- Et surtout ce sont des cigares de révolutionnaires, poursuivit-il. Les mêmes que fument le Che ! »
Et oui, le « Beurk ! fit Collardo. » était devenu « Métissek ! fit Collardo. »

C’est assez drôle, j’en conviens, surtout quand on imagine la tête du lecteur interloqué !
Je vous rassure, les autres corrections étaient moins grossières et surprenantes. Le pire c’est qu’il va sûrement en rester et que je ne pourrais pas revenir dessus : mon livre ne m’appartiendra plus ! (Cf. mon message du 11 mai dernier)

Conclusion : la relecture d’un livre pour corrections reste un travail artisanal et difficile dont l’auteur ne doit pas faire l’économie.
Les correcteurs et correctrices font un boulot formidable (je salue ici les charmantes dames que j’ai croisées lors de la cérémonie du 29 avril dernier et qui en font profession pour Femme Actuelle), qui demande une attention de tous les instants (surtout avec un manuscrit, comme le mien, truffé de fautes, selon l’un des membres du Comité de lecture !) et que ne peut remplacer un correcteur automatique (la preuve !).
Merci infiniment à ceux et celles qui se sont penchés sur mon bouquin et m’ont aidé à peaufiner mon œuvre !

Je viens de renvoyer mon manuscrit à mon éditeur.
On entre maintenant dans une nouvelle phase. Le livre va être envoyé chez l’imprimeur. Il en ressortira avec une belle couverture et mon nom dessus.
Une belle couverture ? Ben oui, je ne vous l’ai pas encore dit : j’ai la couverture !
Les plus impatients la trouveront sur Internet, les autres devront encore attendre un jours ou deux !

5 commentaires:

  1. Cette anecdote me fait toujours autant rire, pourtant faut être sérieux, et faire très attention avec les coquilles ! C'est du boulot !
    Oui, je poste à 2 H du mat', je vais vite aller au dodo
    bises
    Cyril

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  2. Murielle Gobert Bacha19 mai 2009 à 14:51

    C'est vrai que c'est laborieux ces corrections, mais quel bonheur quand même ce travail de relecture sur un texte achevé et publié!!On se dit qu'on a enfin déjoué tous les pièges, manque de temps, d'inspiration,doutes, attente,etc,etc,..savourez bien!!

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  3. Chère Murielle,
    C'est vrai vous avez parfaitement raison et je ne vais certainement pas me plaindre ! Je savoure. Je savoure.
    Et de votre côté qu'écrivez-vous et où peut-on vous lire ?

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  4. Murielle Gobert Bacha20 mai 2009 à 11:13

    Je n'écris ni du policier ni du fantastique, je doute que cela vous passionne..Mes textes sont principalement sur Manuscrit.com, et j'ai un roman en lecture chez Alphée..J'écris un autre roman depuis quelques mois et je ferais mieux de m'y mettre sérieusement au lieu de discuter sur des blogs:-)Mais ça fait chaud au coeur de voir des écrivains réaliser leurs reves!!

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  5. On a en effet vite fait de se disperser !
    J'avoue avoir du mal à écrire depuis quelques temps, mais lorsque je m'y remettrai, je me ferai plus discret sur la toile.
    Et puis je ne lis pas que du Polar et du Fantastique, je lis aussi... de la Science-Fiction !! Non mais !

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