lundi 11 mai 2009

Corriger ou ne pas corriger ?

Quand un texte (nouvelle, roman, essai…) est-il définitif ?
C’est la question que je me suis posé à la relecture de " Sous l’aile de l’Ange ", une nouvelle à venir dans l’anthologie " Afrique " à paraître en octobre prochain chez Parchemins et Traverses (http://www.parcheminstraverses.com/).
Au vu du texte que j’avais à corriger ce week-end, la réponse qui m’est venue spontanément à l’esprit est : jamais !
Cette histoire, qui me tient à cœur car elle évoque mes souvenirs d’Afrique et mon amour pour ce continent tragique et merveilleux, cette histoire donc, présentait des faiblesses que je me suis efforcé de corriger à la relecture.
Ce qui entraîne une seconde question : ai-je bien fait ?
Car un texte (son thème, sa forme, son style) est le reflet d’un instant " t " de la vie de l’auteur – un cliché photographique en quelque sorte. Donc, a-t-on le droit de le modifier au risque de dénaturer l’œuvre initiale ? De perdre l'authenticité première ?
J’ai lu quelque part qu’un illustre peintre aujourd’hui décédé, ne pouvait s’empêcher de se rendre au Louvre où ses toiles étaient exposées, pour effectuer des retouches. Perfectionnisme ? Insatisfaction chronique ? Peur d’être dépossédé de son œuvre ? Ou quête d’absolu ?
Un créateur est par essence un être insatisfait, mais il faut bien, à un moment donné, poser son pinceau ou sa plume. Donner son œuvre en pâture - ou plus exactement l’offrir -, au public.
C’est, je crois, cette étape essentielle qui marque la séparation de l’œuvre et de son auteur et qui confère à la première son caractère indépendant et définitif.
Ensuite, elle ne lui appartient plus.

2 commentaires:

  1. Murielle GOBERT BACHA12 mai 2009 à 10:35

    Je crois qu'il faut trouver un équilibre. Prendre du recul , puis survoler le texte et procéder par petites touches. Pour ma part je traque les lieux communs, les répétitions qu'on ne voit pas forcément au premier jet.Il m'est arrivé d'avoir la main trop lourde, de me retrouver avec un texte nickel mais sans aucun style, donc prudence...De toute façon on n'est jamais content de ce qu'on écrit, et heureusement!!
    Bon courage.

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  2. Le travail de correction s'apparente parfois à un jeu de Mécano : on croit bien faire en enlevant un mot ou en le remplaçant par un autre et on s'aperçoit qu'on déséquilibre l'ensemble.
    Il m'arrive cependant d'être parfois content de ce que j'ai écrit (un peu d'autosatisfaction, ça coûte pas cher !).
    Là, par exemple, je viens de terminer une nouvelle et je suis satisfait du résultat.
    Je vais l'envoyer à Black Mamba demain en espérant que Laurent Girardon, le Rédac chef, partagera mon enthousiasme.
    Bonne soirée.

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