vendredi 29 mai 2009

Quand l'enfant paraît.

Hier en ouvrant ma boite aux lettres, au milieu du fatras habituel de factures, de relevés et de publicités pour pizzas king size, j'ai découvert une grosse enveloppe.
De celles, blanches et dodues, qui abritent généralement quelque chose d'important et de fragile. Pas d'expéditeur. Juste mon nom et mon adresse.
Le contenu, compact et rigide, était assez lourd.
380 pages au bas mot.
Oui, vous l'aurez compris, mon éditeur me faisait l'agréable surprise de m'adresser un premier exemplaire de mon roman, tout frais sorti des rotatives.
Le cœur battant, je déchirais fébrilement la malheureuse enveloppe dans l'ascenseur, éparpillant dans mon impatience les autres courriers autour de moi.
Le livre, rebelle, refusait de sortir de son cocon douillet et c'est finalement à coups de dents que je parvins à l'extraire.
Je levais délicatement, à hauteur des yeux, tel un nouveau-né longtemps attendu, mon roman "Les fantômes du Panassa".
Mon roman. J'écris ces deux mots comme si c'était banal. Comme si c'était parfaitement naturel et courant de dire "mon roman", alors que c'est tout bonnement extraordinaire ! Deux mots que j'ai envie de mettre en majuscules pour en souligner le caractère exceptionnel. MON ROMAN.
Insuffisant ! Comment transcender ces quelques syllabes ? En les mettant en italique ? Mon roman. En gras ? Mon roman. Avec des smileys tout autour ? Non, il faudrait toute la magie des enlumineurs du moyen âge pour habiller d'or ces deux mots.
Je contemplais le prodige avec l'œil attendri et un peu inquiet d'un père pour sa progéniture.
380 pages donc. Parfaites proportions. Poids correct. De belles couleurs. Une odeur agréable. Un abord sympathique. Pas de défauts apparents, ni de malformations. Ouf !
Une vague de fierté déferla sur moi et je me sentis rosir de plaisir.
Je découvris également, sur une carte jointe (un faire-part ?), un petit mot gentil de mon éditeur. Il se disait ému, lui aussi, et souhaitait bonne fortune au nouveau né.
J'ai alors réalisé que ce bébé était aussi un peu le sien.
Ca m'a fait tout drôle de partager cette paternité.
Et ce n'est pas fini : bientôt, le 11 juin prochain, mon roman sera aussi un peu le votre !
C'est fou, le garnement est à peine né que déjà il cherche à s'émanciper !

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