jeudi 25 juin 2009

carnet de retour au pays natal (avant dernier épisode)

Acte 3 : Saint Etienne – vendredi 19 juin – Après-midi.

A 14 heures précises, je m’installais derrière ma petite table située au centre de la Librairie de Paris.
Stylo en main, j’observais les premiers visiteurs.
Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que si je n’allais pas vers eux, je ne signerais aucune dédicace.
J’adoptais donc une démarche résolument commerciale en invitant les clients à venir jusqu’à moi. Beaucoup acceptèrent avec le sourire, intrigués sans doute par cette maigre touffe de cheveux qui émergeait de derrière les piles de livres. Je me lançais ensuite dans un petit boniment émaillé de quelques expressions clés : « écrivain stéphanois », « polar dont l’action se déroule à Saint Etienne », « prix du Jury du roman de l’été Femme Actuelle », etc…
Je précise ici pour ceux qui l’ignoreraient, que j’ai, dans une vie antérieure, exercé le métier de conseiller financier. Eh oui, j'ai vendu des SICAV et des assurances. Mais pas n'importe où : en Guyane! J’avais alors découvert une chose fondamentale : on ne vend bien que les produits dans lesquels on croit.
Et s’il y a un produit dans lequel je crois dur comme fer, c’est bien mon roman ! Je n’eus donc pas à forcer mon talent pour trouver les bons arguments.
Et puis, à Saint Etienne, je jouais à domicile. C’est toujours plus facile.
Je découvris aussi autre chose : que les femmes sont plus audacieuses que les hommes en matière de nouveautés littéraires et, surtout, que ce sont elles qui lisent le plus ! Selon le patron de la librairie, il y aurait ainsi trois lectrices pour un lecteur.
Ce furent généralement des femmes qui vinrent me voir et, franchement, je ne m’en plains pas !
Je passais une excellente après-midi, entrecoupée des gentilles visites des membres de ma famille qui, tous, me firent le plaisir d’acheter mon bouquin.
Je me prêtais au jeu des dédicaces et m’efforçais de les personnaliser en fonction de mon interlocuteur (ou plutôt de mon interlocutrice !) ou de l’événement à fêter (fête des pères, anniversaire…). J’y parvins parfois.
A l’occasion, je me transformais en guide touristique pour Saint Etienne et même, pour une charmante lectrice qui devait s’y installer, en conseiller immobilier.
La journée fut un tel succès, que l’équipe de la Librairie de Paris m’invita à fêter ça dans l’arrière boutique après la fermeture et que d’un commun accord, nous décidâmes de remettre ça le lendemain matin.
A suivre…

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