mardi 23 juin 2009

Carnet de retour au pays natal.

Prologue :

Petit retour, en plusieurs actes, sur un week-end riche en péripéties et en émotions variées.
En effet, comme vous le savez sans doute si vous avez lu mes précédents messages, j’ai effectué vendredi et samedi derniers mes premières séances de dédicaces à Saint Etienne, ma ville natale. Cette même ville où se déroule l’action de mon roman « Les fantômes du Panassa ».
J’attendais avec impatience mais sans stress excessif ce moment, prolongement logique de mon rêve éveillé.
Les rendez-vous avaient été fixés dès le mois d’avril avec deux maisons sérieuses : La librairie de Paris, la plus grande librairie de Saint Etienne, et la Fnac, enseigne qu’on ne présente plus.
Pas d’inquiétudes particulières donc, hormis celle bien naturelle de n’avoir aucun lecteur devant moi et donc aucune dédicace à réaliser ! Bien sûr, je savais pouvoir compter sur ma famille, mais j’espérais bien rencontrer le public. Ce public inconnu et mystérieux qui avec un peu de chance deviendrait ensuite mon public !
Voilà, les acteurs sont en place, le décor est posé. La pièce peut maintenant commencer !

Acte I : Paris - jeudi 18 juin – 16h30.
Il y a des journées comme ça. Trop courtes. Comme par hasard, c’est toujours les veilles de départ en week-end ou en congés, qu’elles tombent. Je suis au bureau bien sûr. Je me hâte de terminer ce que j’ai à faire - une note pour le sous-directeur et un diaporama sur la formation professionnelle, ainsi que mille autres petites choses – lorsque je reçois un appel. Je ne vois pas tout de suite qu’il s’agit d’un 04 77 (en provenance de la province donc et, plus précisément, de la Loire) et je réponds d’abord d’un ton froid et professionnel. A l’autre extrémité de la ligne, la voix est cordiale et enjouée. Trop peut-être. Trop sûrement. Mon interlocuteur se présente et j’identifie bientôt M. X, le responsable de la communication de la Fnac de Saint Etienne. Il me demande si j’ai bien reçu les coordonnées de ses contacts Presse, (demandées il y a deux semaines et reçus la veille). J’opine, un peu perplexe devant cette soudaine manifestation d’intérêt à mon égard que j’avais jusqu’ici vainement attendue.
Et puis, sa voix devient hésitante et il me révèle le véritable motif de son appel « On a un petit problème ! »
Un problème qui ne tarde pas à m’être révélé : il n’y a que huit exemplaires des « Fantômes… » en stock à la Fnac de Saint Etienne ! Ce qui fait peu, même pour la première dédicace d’un auteur débutant !
Stupeur et tremblements de ma part. « Huit ? Mais comment cela est-ce possible ? », je bafouille.
La réponse est inaudible, entrecoupée qu’elle est de grésillements, crachotements, silences. « La ligne est vraiment mauvaise avec la province ! » je songe avec un curieux détachement. J’apprends qu’il y a un souci avec le diffuseur, (le plus gros de France !), puis que c’est à cause de l’informatique (Ben tiens ! Parfois, je me demande si on a pas inventé l’informatique juste pour pouvoir mieux se défausser sur elle ensuite !)
Excuses pitoyables qui masquent mal la vérité : les commandes n’ont pas été passées et c’est à moins de 48 heures de la dédicace que le bougre s’en aperçoit !
Je respire un grand coup et parviens à me maîtriser en me disant que la Fnac finira bien par trouver une solution. Que ce sont des pros, pas des boutiquiers de quartier. Grossière erreur. Une demi-heure plus tard. M. X me rappelle en me disant un peu gêné (mais à peine !) que les délais sont trop courts pour qu’il puisse y avoir réapprovisionnement et qu’il serait sans doute préférable de reporter la séance de dédicaces au mois de… septembre.
Je déglutis et lui fais alors remarquer que j’ai un billet en poche et que vu l’heure, mon train est probablement déjà en gare.
« Vous ne pouvez pas arranger ça avec votre éditeur ? » me lance-t-il avec l’évidente intention de se débarrasser de l’encombrant bébé.
Que faire d’autre ? En désespoir de cause, j’appelle donc mon éditeur, qui explose de rage devant tant d’incompétence. (Par respect pour mes lecteurs, je ne citerais ici aucun des épithètes dont il gratifia mon interlocuteur stéphanois.)
Après de longues minutes d’angoisse, le cher homme me sauve enfin la vie en me proposant de passer à son bureau pour y récupérer quelques exemplaires de mon roman.
Je regarde ma montre. Il est 17 h 45, soit une heure avant mon départ. Aurais-je le temps d’aller prendre les livres à l’autre bout de Paris et de gagner la gare de Lyon à temps ? Je n’ai guère le choix. Je quitte donc précipitamment mon bureau avec ma valise et m’élance dans le métro. Direction Place des Ternes.
La suite n’est qu’une longue course hagarde contre la montre.
Une course victorieuse, cependant.
En effet, un peu plus d’une heure plus tard, j’arrive à la Gare de Lyon, suant et épuisé. Le train est sur le point de partir. Je n’ai même pas le temps de composter mon billet.
Je m’engouffre dans la voiture 18 en serrant mon précieux butin : 18 exemplaires des « Fantômes du Panassa »
Sauvé !
A suivre…

1 commentaire:

  1. Houlà ! Tu m'étonnes que tu as eu des sueurs froides o_O
    Bon, vivement la suite, je suis très curieux de savoir comment s'est déroulée ta dédicace.
    Cyril

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