lundi 20 juillet 2009

Retour à l'écriture

Alléluia !
Après une longue période aride et sèche, j'ai enfin retrouvé le chemin de l’écriture !
Alléluia !
Samedi, je me suis assis devant mon ordinateur, pour y faire autre chose que de répondre aux courriels, regarder les planches originales sur ebay ou réfléchir à un nouveau message pour mon blog.
Il est vrai que depuis quelques jours déjà, je sentais monter l'envie d'écrire. L'envie ou le besoin ? Les deux étaient intimement liés. Ca me démangeait. Ca me manquait.
Il faut vous dire que depuis quelques semaines (quelques mois, soyons franc !) ma production littéraire était en berne. La faute aux récents évènements qui ont vu leur apogée avec la publication de mon premier roman "Les fantômes du Panassa". Tout ce remue-ménage, toutes ces péripéties (Publié ? Pas publié ? Prix VSD ? Prix Femme Actuelle ?), ont chamboulé mon petit quotidien et mon rythme de travail.
N'allez surtout pas croire que je me plains ! Je serais bien ingrat, si c'était le cas. Mais disons que c'était perturbant. Il y a un monde entre l'écriture et la promotion d'un livre. Ce ne sont pas les mêmes métiers. D'un côté on a un homme seul confronté à lui-même et à ses pensées et de l'autre un commercial en représentation.
C'était certes agréable d’endosser cette seconde personnalité, mais un tantinet schizophrénique, quand même.
C'est sans doute pour cette raison que j'ai perdu le fil de mon roman fantastique. 130 pages pour arriver à une impasse. Un mur sombre et douloureux. Je ne sais pas, si je parviendrais à dépasser l’obstacle. Le flux d'inspiration, l'envie, se sont taris.
Je ne vous avais rien dit, mais j'étais sacrément inquiet. Dans ces cas-là, on se demande si on va encore y arriver, si on va à nouveau pouvoir écrire.
"Et si ce roman n'était pas seulement ton premier, mais aussi ton dernier!", je me suis dit. Brrrr !!! Une perspective qui fait froid dans le dos : être l'auteur d'un seul livre. Bon, c'est certainement mieux que d'être l'auteur d'aucun livre, mais c'est flippant quand même.
J'ai donc essayé de ne pas me mettre la pression. Je me suis délibérément tenu éloigné de mon clavier. Me suis obligé à ne plus y penser. J'ai lu. Du policier surtout. Maxime Chattam, Preston et Child, Fredric Brown... Je me suis baladé avec mon fils, sac à dos à l'épaule, sur les plages du débarquement. En bref, je me suis oxygéné la tête.
Et ça a marché !
Il était naturel que mon retour à l'écriture se fasse par une nouvelle. Mon genre de prédilection.
Un roman demande beaucoup de préparation en amont, alors qu’un récit court n'a besoin comme carburant que d'un peu d'inspiration.
Samedi matin, je me suis donc assis à mon bureau. J'ai commencé par parcourir mon vieux carnet de notes à la recherche d'idées. Des idées, il y en a des tonnes dans ce calepin. Des idées de nouvelles surtout, mais aussi de romans. En général, j'essaie de planter une ambiance en quelques mots, mes textes étant plus souvent des récits d'atmosphère que des récits à intrigue.
J'ai parcouru ainsi six ans d'idées. Des projets de récits fantastiques, policiers, d'horreur, de science-fiction..., cueillis au fil de l'eau, dans des lieux les plus divers. Aucun ne m'a vraiment attiré, séduit. Mais ça a permis à mon imagination de se mettre en branle. J'ai rangé le calepin dans un tiroir et je suis resté quelques secondes à regarder, par la fenêtre, la cour de récréation de l'école primaire en contrebas. Une cour de récréation, sans enfant, c'est triste. « Bah, j'ai pensé, c’est normal on est en été. » L'été.... J'ai trouvé qu'il faisait beau et chaud. Mais pas aussi chaud qu'en 2003, année de la grosse canicule. J'ai pensé aux personnes âgées qui étaient mortes cette année-là. A la vulnérabilité de nos anciens, souvent seuls dans leur appartement et dans leur maison.
Mes pensées ont fait un nouveau bond...
Voilà, je l'avais mon idée ! Mon ambiance et aussi le début de mon récit : dans un pavillon de banlieue un vieillard est torturé par une brute, qui veut lui faire avouer où il cache son argent. Sauf que le vieux n'est pas un type ordinaire et que le tortionnaire, non plus, n'est pas un type ordinaire. Rien de plus précis. Juste cette vieille maison à les deux protagonistes d'un jeu cruel. Forcément cruel.
Je me suis lancé à 9h30 et j'ai terminé à 20 h avec une interruption pour déjeuner. Je me suis laissé littéralement happé par mon récit. Je ne le maîtrisais plus. Les mots coulaient tout seul. J'ai eu un petit moment de flottement vers 17h, lorsque je me suis demandé dans quoi je m'étais embarqué, et puis la machine est repartie. Les éléments du puzzle se sont assemblés. Des fragments anodins, dont je n'avais même pas conscience au moment où je les avais écrits, ont naturellement trouvé leur place. Tout convergeait vers le rebondissement final, comme une splendide mécanique qui s'autoconstruit.
"La victime et son bourreau" ça s'appelle. 46 000 signes soit environ une trentaine de pages.
Bon, ce n'est bien sûr qu'un premier jet et peut-être qu'à la relecture je déchanterais. Mais on sent quand le texte est bien parti et je me dis que cette nouvelle-là devrait être pas mal.
Enfin, je l'espère.
Oui, j'ai retrouvé le chemin de l'écriture et l'aiguille de mon moral a aussitôt fait un bond en avant. Quel bonheur d'écrire ! Surtout des nouvelles, ces petits bijoux d’autonomie.
Et si mon prochain livre était justement un recueil de nouvelles ? J’aimerais assez.
Il faut que j'en parle sérieusement à mon éditeur !

2 commentaires:

  1. Content de voir que tu as repris le chemin de l'écriture, elle a l'air chouette ta nouvelle.
    Bravo ^^_
    Bises
    Cyril

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  2. Sans y penser, tu as posé une bonne définition de l'andropause: "une période à rides et sèche". Heureux de voir que, comme dans l'andropause, si les rides sont bien là, la siccité n'est pas irréversible!
    Jacky

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