mardi 4 août 2009

Bloch, Brown, Finney et les autres...

C'est l'été. Il fait chaud. Tout le monde ou presque est en vacances. L'humeur est à la nonchalance.
Mon ordinateur, ce compagnon inséparable des bons et mauvais jours, est devenu un étranger pour moi. C'est à peine si je m'en approche. Je le regarde de loin, je le contourne. Je le fuis.
De son immense oeil de cyclope, il me jette des regards lourds de reproche.
J'ai envie de lui dire que j'ai mieux à faire que de perdre mon temps avec lui. Que j'ai un tas de livres à rattraper. A rattraper ? Pourquoi à rattraper ? Je n'ai pas d'interro surprise, à ce que je sache ! J'ai tout mon temps, non ? D'ailleurs, même en y consacrant tout mes loisirs, je ne lirais jamais tout ce que j'aurais envie de lire.
Ces dernières semaines je me suis immergé dans les polars des années 50/60. J'ai lu du Robert Bloch, du Fredric Brown, du James Cain jusqu'à plus soif. Pour la plupart, des livres parus jadis dans la collection Red Label, qui avait cœur à ne publier que de petits bijoux.
J'ai beaucoup aimé "L'écharpe" de Bloch et aussi " Qui a tué grand maman ?" de Brown. Brown a une nonchalance et un humour subtil qui se marient bien avec mon laisser-aller estival. Ses personnages sont attachants car ils sont faillibles. Ils demeurent très actuels dans leurs pensées et dans leurs réactions, alors que les protagonistes du "La femme du magicien " de James Cain sont datés et plus du tout crédibles.
J'ai ensuite enchaîné avec un petit chef d'œuvre de fantaisie et d'humour que je conseille à tous. Il s'agit du "Cirque du docteur Lao" de Charles Finney. Voilà un petit roman (120 pages) écrit dans les années 30 qui n'a pas pris une ride. Le style est agréable et subtil. Il n'y a pas à proprement parler d'histoire. On se promène simplement au gré des pages entre les allées d'un cirque improbable peuplé de créatures mystérieuses. L'auteur est un érudit irrévérencieux et, même, oui, parfois coquin. L'ouvrage se termine par un lexique souvent absurde qui vient prolonger le récit. Un vrai bonheur. Et la couverture est de Philippe Caza. Superbe !
Là, j'ai pris "Tokyo" de Mo Hayder. J'ai fait un bond dans le temps, l’espace et le style. Toutefois, pour l'instant, c'est plutôt pas mal et intriguant.
Mais tout ça m'éloigne de l'écriture. Tout ça m'éloigne de mon ordinateur. Mon ordinateur qui me regarde d'un oeil noir.
Il y a bien cette nouvelle que j'ai écrite l'autre jour, mais depuis... rien. Zéro. Le néant absolu.
Je ne l'ai même pas relue. Trop peur qu'elle soit mauvaise.
Mon éditeur m'a pourtant dit il y a quelques mois :"Vous verrez, le simple fait d'être publié va vous donner des ailes pour votre prochain bouquin !"
Des ailes ? Des semelles de plomb, oui !
J'ai la pétoche, voilà la vérité !
"Les fantômes du Panassa" marche plutôt bien, je crois. Ca sera difficile de faire aussi bien, en tout cas.
Difficile...
Si seulement mon ordinateur voulait bien arrêter de me regarder !

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