mercredi 3 février 2010

Y'a-t-il une vie après le prix du roman de l'été Femme Actuelle ? (suite)

C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai suivi les récents échanges des candidats du prix du Polar VSD 2010. Que de souvenirs ! Tristes d'ailleurs !
Pour un nouvel auteur, c'est le rêve absolu : la publication à compte d'éditeur avec une vraie et grande diffusion.
Oui, pensais-je, être publié ne serait-ce qu'une fois. Rien qu'une fois...
Voir son livre dans les bacs des librairies et à la Fnac (je n'avais alors pensé ni à Auchan, ni à Monoprix !) et plus tard chez les bouquinistes (j'adore les bouquins d'occasion !)
Ce qui adviendra après, me disais-je, n'aura que peu d'importance. Ce ne sera que du "rab de bonheur"
Sauf que... sauf que, eh bien on y prend goût au truc.
On s'enivre vite de cette succession de moments forts : la remise des prix, la première dédicace, le premier salon (et on oublie les gamelles : signature d'une poignée de livres au rayon boucherie chevaline d'une grande surface !)
Mouais, on y prend goût. On a envie de continuer et c'est bien légitime. D'abord parce qu'écrire c'est ce qu'on a toujours voulu faire et, ensuite, parce que la porte des rêves a été poussée.
C'est pourquoi j'attends avec une telle impatience le verdict de mon éditeur sur mon projet de recueil de nouvelles policières. C'est mon deuxième pas dans le monde de l'édition. Faudrait pas que je trébuche. Pas que je me rétame la g... par terre.
Et c'est là, que ce blog, qui a déjà servi à faire partager ma petite expérience, peut encore se révéler intéressant.
Car, heureux finalistes et futurs lauréats, vous vous poserez peut-être un jour les mêmes questions que moi.
En effet, la publication d'un second ouvrage n'est pas automatique (fort heureusement, d'ailleurs). Le comité de lecture citoyen des Nouveaux Auteurs veille au grain. Il continue de jouer son rôle et à fourbir ses fiches.
Alors, bien sûr, ça fait peur.
Mon nouveau projet est moins "grand public" que le précédent. Oh, il n'est pas élitiste, rassurez-vous. C'est juste une constatation : les français lisent moins de nouvelles que les anglo-saxons. Les auteurs français en écrivent donc moins (j'ai d'ailleurs rédigé un long message à ce propos, il y a quelques mois).
Le comité de lecture se trouve donc peut-être confronté à un exercice inhabituel pour lui. On aime ou on n’aime pas un roman, c'est simple, c'est net. Mais un recueil de nouvelles ? C'est moins aisé à dire. Les récits sont par nature inégaux : certains sont bien, d'autres le sont moins. Des lecteurs trouveront une chute prévisible alors que d'autres seront agréablement étonnés. Le traitement, le thème, seront jugés classiques et sans surprise VS non, c'est surprenant et novateur.
Je me suis vite rendu compte au travers de mes diverses publications en revue, que ce qui était apprécié par Paul, ne l'était pas forcément par Pierre. Question de sensibilité, de culture, d'habitude, de moment aussi !
Mon éditeur que je viens de relancer (quand est-ce que cela devient du harcèlement, au fait ?!) m'a indiqué qu'il compilait les fiches de mon recueil.
"Compiler" ? Ouah, ça fait trop peur ! Compiler, cela veut dire recueillir ? Traiter ? Sélectionner ?
Je regarde illico dans mon dictionnaire pour savoir ce qu'il fait au juste. Le Petit Larousse me dit : "Réunir des morceaux d'œuvres littéraires pour en tirer un ouvrage" C'est bon ça, non ?! Plus loin : "Plagier les textes d'un auteur" Hou ! C'est pas cool ça ! Plus loin encore : "Traduire en langage machine un programme établi en langage évolué". J'ai un doute, là ! (Ne riez pas, à l'heure du livre électronique, tout est possible !)
Bref, il fait ce qu'il doit faire et comme vous, amis candidats, qui êtes en attente de décisions, j'attends.
J'attends que mon éditeur... compile. Est-ce qu'on peut compiler longtemps ? Et si oui, est-ce que c'est bon signe ?
Moi je trouve que ça fait longtemps, en tout cas. Trop. Y'a trop de trucs à compiler. C'est pas bon signe
D'un autre côté, s'il n'avait rien à compiler, ce ne serait pas bon signe non plus.
J'ai besoin d'une boule de cristal, là je crois.
Ou d'un peu de patience.
Sauf que c'est un truc que je n’ai pas en magasin, la patience.
Mes proches vous le diront : "quel impatient, c'lui-là!". Comme ça qu’y disent ! Ouais ! Mot pour mot. "Quel impatient, c'lui-là !"
Comment il a dit déjà mon éditeur dans son dernier courriel... Ah oui, qu'il me "tient au courant ASAP".
ASAP ?
Putain, faut encore que je regarde dans le dictionnaire !

13 commentaires:

  1. Bonjour YDC (Whaow, ça fait très américain ça !)
    Merci pour ton lien vers mon blog, c'est vraiment très sympathique ces échanges entre auteurs et franchement on se sent moins isolé dans l'écriture. C'en est presque rassurant. On se sent moins seul dans l'effort :)
    Finalement quand on lit nos blogs, c'est un peu le verbe "galérer" conjugué à toutes les personnes : je galère, tu galères, il galère, nous galérons... :))
    D'un autre côté, la quête d'un éditeur serait trop facile, le jeu serait moins palpitant :)) Mais trop difficile c'est décourageant... Quoi qu'il en soit la décision ne nous revient jamais, c'est le triste sort des auteurs que d'être perpétuellement dans l'attente du verdict d'autrui. Toujours sur le banc des accusés, toujours jugé, toujours coupable. Vous avez osé écrire ? Alors vous devrez subir votre procès :)) et il peut être long.
    Mais qui donc m'a glissé un crayon entre les doigts, qu'il se dénonce !
    Non non, soyons francs, on plaide toujours coupable. On prendrait presque un malin plaisir à se retrouver à la barre !
    Tu as choisi de proposer à ton éditeur un recueil et c'est assez osé car ces personnes de l'ombre sont souvent très frileuses concernant ce type d'ouvrage jugé malheureusement trop peu profitable (sauf pour Werber c'est vrai, même s'il est pénible à lire). Je comprends ton inquiétude vis à vis du discours énigmatique de ton éditeur et je souhaite très sincèrement que la réponse sera positive. Je croise les doigts.
    Et bonne inspiration à tous !
    FXC (qui n'a rien de mystérieux sinon des initiales au secret bien léger. Au fait, mon deuxième prénom est lambda :))

    RépondreSupprimer
  2. Bienvenu FXC !
    (On se croirait à une réunion des écrivains anonymes, sauf que là nous n’avons vraiment pas envie d’être guéris de notre vice !)
    Car soyons francs, écrire c’est notre dope à nous, notre héroïne. On ne peut pas s’en passer. Alors, soit on écrit pour soi et on garde ses petits chefs d’œuvre dans des tiroirs, soit on accepte de les soumettre aux regards du monde. Ceux-ci ne sont pas toujours bienveillants certes, mais les bébés ne sont pas toujours beaux non plus.
    Ne nous posons pas en martyrs incompris. Ecrire, c’est prendre des risques. Le risque de consacrer un an de sa vie à un bouquin et de se faire bouler ! Sûr que ça fait mal (voir sur l’un de mes anciens messages les réponses absurdes de certains éditeurs auxquels j’avais soumis mon roman)
    Mon recueil de nouvelles est un pari. Prise de risques pour l’éditeur autant que pour moi.
    Mais franchement, ces histoires-là ne pouvaient pas rester dans un tiroir…
    Merci pour tes encouragements. A mon tour, je souhaite le meilleur au Tombeau du Phénix.
    Tu sais, le GP Femme Actuelle n’est pas mal non plus…
    Et en attendant… Ecris !

    RépondreSupprimer
  3. bonjour, me voici, telle une météorite, tombée sur votre blog YD ! J'avais posté un petit message ce matin, mais je ne le vois tj pas publié ... sans doute une mauvaise manoeuvre de ma part (je ne suis vraiment pas douée avec l'informatique); ou alors, il y a un bon moment qui s'écoule avant qu'il ne soit approuvé ? juste pour vous transmettre toute ma sympathie, toute mon admiration (n'attrappez pas la grosse tête, hein ?). Participe aussi au fameux concours FA ... et attend le verdict ! Vous, FXC et Florence m'avez épaté par votre enthousiasme, votre dynamisme et votre disponibilité. Si mon précédent post n'apparaît pas d'ici peu, je vous en retranscrirai le contenu (enfin, si cela vous dit). A bientôt, @ngie

    RépondreSupprimer
  4. Ah oui, non mais... je ne suis pas toujours derrière mon ordi, aussi...
    Qu'est-ce que vous croyez chère €ngie (non @ngie ! Je ne sais pas vous, mais moi j'ai du mal avec le "Alt Gr"), je travaille aussi. Une vraie vie laborieuse et tout et tout, dont je m'échappe le WE en volant sur les ailes de la création. Alors, question grosse tête ça ne risque pas d'arriver pour l'instant. Mais promis, dès que je serai mondialement connu, je me ferai mettre des implants pour avoir une tête ça com ! Le genre à rester coincée dans les portiques de sécurité des aéroports !
    Merci aussi à vous pour votre enthousiasme et BC pour le PREFA.
    "Keep the faith" comme dit Bon Jovi (vous voyez j'ai de sacrés références musicales, hein ?)

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour,

    J'atterris par hasard sur votre blog et vous me faites rire, pleurer, réfléchir, douter...

    J'ai pris un plaisir certain à lire votre livre. Bravo encore!!! J'attends avec impatience les prochains. je suis fan.
    Merci d'exister en tant qu'écrivain.Continuez!

    MY

    RépondreSupprimer
  6. Cher(e) MY,

    Merci pour ce gentil message. Ce sont ces mots-là qui donnent envie de persévérer, parce que susciter l'émotion chez l'autre, ce n'est pas rien. C'est même un magnifique cadeau. Un fil ténu tendu entre deux êtres qui ne se connaissent pas et qui pourtant se rencontrent.
    Merci d'exister en tant que lecteur/lectrice. Continuez aussi !

    RépondreSupprimer
  7. cher yves daniel,

    je suis un papivore et vous valez parfois 10000 fois les écrivains qu'on trouve chez gallimard ou autre...je suis dégoûtée parfois! Vous valez bien plus que cela!grrrrrrrrrrrrrrr
    désolé, je suis en colère!!!!!!!!!!!!!!!!

    RépondreSupprimer
  8. 10000 fois ?
    Vous êtes vraiment en colère là !

    RépondreSupprimer
  9. Oui très...:))

    Je me souviens avoir découvert les prix 2009 FA et avoir eu un coup de coeur pour votre livre (oui, c'est pas gentil pour les autres prix mais tous les gôuts sont dans la nature)Je me souviens d'avoir fait votre pub à la fnac (j'y travaille)sous les yeux ébahis de mes collègues...fait votre pub au marché sous la pluie devant l'unique ouvrage des fantomes de Crouzet, devant la boutique de mon libraire avec ma meilleure amie.Depuis une semaine, je surfe sur les blogs et suis tombée par hasard sur le vôtre (oh!joie!!!)car j'ai poussée mon amie à postuler pour le concours FA. J'ai surfé pour connaitre les résultats. J'ai encore plus le tract qu'elle (il faut dire qu'elle parle de moi dans son livre!:))))Elle, elle est tranquille, elle n'attend rien, elle rigole, sereine persuadée de n'avoir rien du tout! Et moi, je parle de vous avec passion à mon boulot comme d'elle, illustre inconnue qui a l'en de s'en foutre alors qu'un vrai écrivain ne s'en fout pas (pas vrai?) J'attends de pouvoir commander votre prochain livre avec impatience!

    My

    RépondreSupprimer
  10. Hey une passionnée !(je n'ai pas osé dire une fan.) Qui travaille à la Fnac en plus, alors que je n'ai pas été tendre avec cette institution lors de ma dédicace stéphanoise de juin dernier !
    Bien sûr que je tremble... Imaginez le premier pas d'un enfant qui ne serait pas suivi du second ! Imaginez une rencontre... orpheline d'un second rendez-vous ! Un rêve inachevé ou plus exactement partiellement abouti.
    Votre amie ne veut probablement pas y croire, mécanisme naturel de défense contre les désillusions, mais quelque part, en elle, le rêve est là, tel un parfum invisible mais tenace.
    Elle parle de vous dans son livre ?
    Héroïne d'un livre c'est déjà la consécration. Normal que vous ayez le trac !

    PS : ne parlez plus de mon livre sous la pluie vous allez attraper froid !
    PS 2 : pour la définition de vrai écrivain ou d'auteur voir l'un de mes posts précédents (je ne sais plus où il se trouve)
    PS 3 : merci !

    RépondreSupprimer
  11. Mon amie m'a gentiment grondée: "Sois discrète s'il te plait et ne claironne pas que tu as une amie finaliste au prix 2010. Un peu de respect pour tous ces gens qui espèrent, se découragent et espèrent encore.Sois humble!"

    Gloups! C'est vrai que je suis passionnée et j'ai tendance à parler un peu trop. "Lisez cet écrivain, Mr Crouzet sera l'un des plus grands écrivains français des prochaines années!" Ce qui m'a valu un avertissement pour mon zèle!
    Je guette le planning de notre fnac mais aucune trace de vous (snif).Pourquoi? Pourtant les nouveaux auteurs et le Groupe Prisma presse ont les moyens de vous promouvoir! Il y a des choses que je comprends pas!

    My

    RépondreSupprimer