mardi 30 mars 2010

Petites horreurs entre amies

Les femmes sont affreuses !
Je déjeunais, ce midi, (pléonasme ?) non loin de trois d'entre elles.
La cinquantaine alerte, impeccables dans leurs tailleurs, visages parfaitement maquillés, coiffures savamment permanentées, elles discutaient entre copines...
La conversation débuta par les malheurs d'une de leurs collègues qui venait de perdre son fils dans un accident de moto. Après s'être, brièvement, apitoyées sur le sort de la malheureuse, elles en vinrent à évoquer les cas similaires survenus dans leur entourage.
Le nez plongé dans un plat de rognons de veau sauce madère, je ne pus faire autrement que de les entendre. (ma mère m'a pourtant cent fois répété de ne pas écouter aux portes, mais que voulez-vous on ne se refait pas...)
Il s'avéra bientôt que chacune connaissait quelqu'un (une amie, une collègue, une vague connaissance) frappé par cette terrible épreuve. Je percevais ici et là quelques mots : "... son fils unique... grillé dans sa voiture..." , "J'étais à l'enterrement... Le mari était complètement effondré. Une loque." "... pleurait comme un gosse... Sa femme faisait meilleure figure... mais il faut dire qu'elle a toujours été très dure...", "... certains ne s'en relèvent jamais... ", "Je connais quelqu'un qui a tout quitté après ça...". Quant à une autre, "plus courageuse", elle avait su "faire face, grâce au sport"
A ce dernier mot, la conversation tourna ensuite sur les victimes d'accidents, anciens sportifs, brusquement contraints à l'immobilité, "ça doit être terrible pour eux", "dans un fauteuil toute la journée", "... aurait mieux fait de mourir !", puis par un dernier revirement, au moment du dessert, sur les méfaits de la ménopause.
Il n'y avait aucune compassion ni dans le ton, ni sur le visage de ces femmes qui étaient aussi, probablement, des mères. Les mots utilisés étaient durs comme des pierres, de celles dont on se sert pour lapider.
Je ne suis pas naïf au point de croire que la douceur est l'apanage des femmes et la brutalité celle des hommes, mais je n'ai pu m'empêcher d'être stupéfié par cette conversation glacée.
Je me suis naturellement demandé si ces trois femmes étaient amatrices de thrillers.
Se délectaient-elles des ouvrages de Maxime Chattam, Frank Thilliez ou Jean-Christophe Grangé ?
Etaient-elles des fans de la série Dexter ?
Que pensaient-elles de Saw et de ses multiples séquelles ?
Pensif, je les regardais s'éloigner à la fin du repas et finis par conclure que Groucho Marx avait tort quand il disait que "l'homme est une femme comme les autres". C'est l'inverse qui est vrai !
Le plus ennuyeux dans tout ça c'est que maintenant, je me demande si, pour plaire aux femmes, mon prochain roman ne devrait pas être un peu plus... saignant !

4 commentaires:

  1. Passé la ménopause, les femmes voient leur production d'ocytocine se tarir brutalement. Cette hormone de l'attachement est aussi celle de l'empathie et de la compassion. Le petit peu qui reste est réservé pour les enfants et petits enfants de ces femmes, qu'elles ne cessent jamais d'aimer. Leur compagnon a rarement autant de chance et s'il est un peu lourdingue, il est bien probable qu'il se fera jeter. Ensuite il trouvera une jeune fille qui cherche un père, et tout le monde dira de lui : "quel salaud d'avoir divorcé de Ségolène alors qu'à son âge elle ne trouvera plus personne"... Mais c'est une erreur, en fait c'est du winwin, tout le monde est content.

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  2. Je ne résiste pas au plaisir de publier ce joyaux de méchanceté, non... de réalisme, non... d'humour noir, non de... cynisme,non de... de vérité ! Que sais-je !
    En tout cas ça m'a bien fait rire !
    "Excellent !" comme ils disent dans Wayne's World !

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  3. Ola! Jeunes gens, serais-je la seule à prendre la défense de ses pauvres femmes vilipendées.Au risque de vous décevoir, je ne le ferai pas .Vous avez ,hélas raison et
    je suis la première à me désoler de cet état du "mal vieillir" de mes congénères et à m'interroger.Je vais dans quelques jours rentrer dans ma 7ème decennie,j'ai édité mon premier roman l'année dernière sur les instances d'une de mes petites filles qui me trouve "géniale" j'ai été recalée au concours de FA comme les autres. J'écris en ce moment un thriller (Eh oui Danielc'est moi, Clélia) ,la vieille dame indigne, et je ne vais jamais au restaurant papoter avec des dames de mon âge. Ne le répétez surtout pas, je les trouve gonflantes
    Mes meilleurs amies , je les ai connues sur le net , elles ont une quarantaine d'années.
    Suis-je la seule de ce style, je ne le crois pas mais je n'en n'ai pas encore rencontrée.
    Que faut-il écrire pour plaire aux Femmes?
    Du Musso ou du Levy.Hélas!
    Ce n'est pas tout cela mais j'ai encore quelques pages à écrire ce soir.Et si je vous dis que je prends un plaisir sans pareil à
    construire ce roman, vous allez penser que je suis un peu timbrée. Peu importe, et si je le suis ,j'espère le rester encore quelques années pour le bonheur de mes petits enfants de mon compagnon et surtout le mien.
    Amitiés .Clélia

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  4. Créons alors un nouveau genre source de best sellers : le Levy gore !

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