lundi 19 avril 2010

Jacques Plaine chronique un auteur stéphanois

L'association "Lire à Saint-Etienne" a pour objectif de contribuer au rayonnement du livre et de la culture dans la Loire.
Jacques Plaine, ancien libraire et fondateur de la Fête du livre de Saint-Etienne qu'il a présidée entre 1986 et 2001, y tient une chronique régulière.
Voici celle qu'il a récemment consacré aux "Fantômes du Panassa" :

Un polar à la stéphanoise. Pimenté comme il se doit de mots gagas. Mais juste ce qu'il faut pour le rendre gouleyant aux lecteurs d'ici tout en permettant aux « estrangers » d'en faire leur miel.
Un roman. Un pur roman vous dis-je. Mais un roman pour lequel l'auteur croit bon de préciser que "toute ressemblance avec des personnes, des événements, des lieux et des institutions ne serait que le fruit du hasard" a forcement quelques fantômes cachés dans les placards.
Christophe Chalier le « piozou » d'une petite bande de « garagnas » qui sévissaient dans les années soixante-dix dans le quartier du Clapier revient à Saint-étienne. Trente-cinq ans après. Intrigué par un mot envoyé de la Grand-Poste : « Bomaki est de retour. Il va recommencer ». Le voilà à Chateaucreux. A l'hôtel "Le Terminus du voyageur" (toute ressemblance… et cœtera). Il avait sauté dans le train sans prendre le temps de prévenir son ex-femme qu'il avait invitée au café de la Paix place de l'Opéra. « Et qu'est-ce que tu fiches dans ce trou ? » l'insulte-elle devant sa deuxième coupe de champagne qu'elle va devoir payer de sa poche.Cette petite bande c'était jadis la terreur du « Panassa ». Quatre galapiats qui se revendiquaient des Trois Mousquetaires. L'équipe avait explosé en vol le jour - la nuit plutôt - où l'un d'eux, Bernard Collardo, avait disparu happé par un faux camion de « gandous ». Sous les yeux horrifiés de ses copains. Les trois survivants ne s'en étaient pas remis et ne s'étaient jamais revus. Jamais. Ecrasés d'effroi et sans doute de remords.
Trois cent soixante pages de suspense pour découvrir la vérité. Qui a tué Collardo ? Et pourquoi ? Pour remonter le fil de l'histoire, retrouver la bonne piste, Christophe Charlier va arpenter la cité. En long, en large et en travers. Trois cent soixante pages à « faire » avec lui les rues de Saint-Étienne, celles de son enfance défigurées par le modernisme, retrouver ses terrains de jeu du Panassa massacré par les HLM mais aussi sillonner le Sainté d'aujourd'hui au gré de ses recherches. Même la rempailleuse de chaises de l'angle des rues Camille-Collard et Alsace-Lorraine aura sa place et son importance à l'heure du déballage final.
Je me suis - je l'avoue - agacé lors de la rencontre du « piozou » avec son pote Gascogne. Elle avait lieu sur le mur du barrage du Gouffre d'Enfer. Et sous un orage du diable. A se mouiller comme des rats. Et pourquoi ne vont-ils pas s'abriter sous la cahute où j'ai moi-même cent fois attendu le retour du beau temps ? Deux pages plus loin Christophe prenait son copain par le bras pour l'y entraîner ! Je vous le dis, lisez ce livre, vous vous retrouverez à la maison…même si vous n'avez pas vu disparaître votre meilleur pote dans la benne aux gandous !

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