mardi 25 mai 2010

239ème jour

239ème jour...

J'ignore encore pourquoi je tiens ce journal de bord alors que tout semble désespéré ! C'est le calme blanc. Cette attente est interminable et désespérante. Songez-y : bientôt huit mois que je me suis échoué sur les hauts-fonds de l'édition et que j'attends une réponse de mon éditeur.
Je sais que mon manuscrit a été lu par le comité de lecture en janvier dernier et qu'il a été diversement apprécié, les notes s'étageant de 9,50/10 à 4/10 pour établir une moyenne à 6,95/10.
Parmi les lecteurs, il y a ceux qui ont adoré mes histoires noires et dérangeantes, ceux qui les exècrent et les autres, c'est à dire ceux qui ne s'attendaient pas à tomber sur des nouvelles ou sur du polar...
J'ai essayé de tenir compte des observations formulées et j'ai procédé à divers aménagements, coupes, corrections..., pour rendre mon manuscrit meilleur. C'était en février dernier. J'ai l'impression que c'était il y a des siècles.
Mon éditeur m'a d'abord dit "Ca devrait être bon. C'est publiable", avant d'adopter une position nettement plus circonspecte et d'envisager une nouvelle lecture du nouveau manuscrit par un nouveau comité de lecture.
Pourquoi pas ? Au cinéma on fait bien des projections-tests !
Quelque temps plus tard, sans nouvelles, je reprenais contact dans l'espoir de percer les mystérieux desseins des NA à mon égard.
L'argument mis en avant pour justifier cette non prise de décision fut d'abord la proximité du prix VSD, puis la sortie du livre primé, puis la tenue prochaine du prix Femme Actuelle et, bien sûr, cela va de soi, la sortie du roman du gagnant du GP FA.
Il me fallait donc guetter un creux...
Profitant d'une accalmie dans ce déferlement de prix, je décidai récemment de lancer une nouvelle bouteille à la mer, ou plutôt (c'est plus efficace) d'appeler derechef mon éditeur en chef.
L'échange fut cordial et plus franc qu'à l'accoutumée.
"Le lancement d'un second ouvrage est difficile et compliqué !", me fut-il expliqué. Des œuvres de bons niveaux, bénéficiant du soutien médiatique adéquat et de commentaires élogieux de la part de spécialistes, n'avaient pas eu le succès escompté. Il serait donc suicidaire de mettre en place 5000 exemplaires d'un bouquin qui ne se vendra qu'à 500 ! Et s'agissant d'un recueil de nouvelles, le pari est encore plus risqué !
Pour ceux qui en doutaient encore (mais ils viennent sans doute d'une autre planète), la réalité économique s'impose donc, aussi, dans le domaine littéraire.
"C'est là une logique que je comprends parfaitement", observai-je en proposant aussitôt une mise en place réduite et un travail de promotion forcené de ma part !
"Bien joué !" me direz-vous.
Pas si simple... car se pose à présent le problème du coût de fabrication d'un livre tiré à 500 pauvres exemplaires !
Une nouvelle fois la malédiction économique s'abattait sur moi !
Nous raccrochâmes de part et d'autre en bons termes. Moi heureux d'avoir eu une conversation franche et, désormais, davantage conscient des réalités du monde de l'édition et lui.... Eh bien, il faudrait lui demander.
Et quel est le sort réservé à mon recueil de nouvelles ? me direz-vous.
Je l’ai interrogé bien sûr et savez-vous ce qu'il m'a répondu ?
Je vais vous surprendre : "Tu seras fixé ASAP !" bien attendu !

10 commentaires:

  1. Coucou Yves-Daniel,

    Je regarde votre blog assez fréquemment pour avoir de vos nouvelles ! Que c'est pratique ;-) Et bien, cela me confirme dans ma démarche ! Ne songeriez-vous pas à vous lancer sans les NA ? Je m'avance peut-être un peu trop. Mais je connais Paris, je connais (un peu) les maisons d'éditions, et sincèrement, rien ne vaut le service... par soi-même !C'est beaucoup de travail, mais au moins on sait à quoi s'en tenir et si on bosse il se peut que la chance fasse le reste (ce dont, bien évidemment, et pour moi-même en premier lieu, je ne suis pas sûre !) Mais au moins aurai-je tenté !

    Je vous souhaite bonne chance. Continuez mais foncez vers les autres éditeurs ou alors lancez-vous tout seul. Au moins récolterez-vous plus de 10% pour pouvoir continuer. Après tout, Marc Edouard Nabe y arrive, pourquoi pas les autres ?
    Rhooooooooa, oui, je sais, nous n'avons pas sa renommée. Mais qu'à cela ne tienne, travaillons-y !

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  2. C'est un fait établi, les recueils de nouvelles se vendent mal. Le mien, par exemple. En dépit de quelques (pas beaucoup) d'articles élogieux, plusieurs (j'ai pas compté) exemplaires me restent sur les bras (sur un tirage de 200) Le roman s'est beaucoup mieux vendu, même sans pub d'enfer.
    Résultats des courses: Il faut se concentrer sur les romans si l'on veut avoir un produit vendeur (pas gagné non plus.)
    Bon courage pour la suite.

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  3. Voilà une note pas bien gaie... qui me laisse toute triste!

    Véro (your sister)

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  4. Les recueils de nouvelles se vendent mal, c'est un fait établi !
    Je travaille donc sur un nouveau roman et n'hésiterai pas à l'envoyer ici et là (si j'arrive à le terminer !)
    Quant à s'auto-éditer... J'ai rencontré divers auteurs qui le font. Eh bien, ça demande beaucoup, beaucoup, d'énergie : une participation à une multitude de salons, un talent de négociateur (avec les imprimeurs), de dénicheur de talents (pour les couv), de commercial (pour les ventes)et enfin de comptable.
    J'ai bien sûr tous ces talents... mais pas le courage !

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  5. hello monsieur crouzet!
    ehhh!!! Mais battez-vous! ne baissez pas les bras!
    vous avez déjà gagné!il vous faut continuer!
    il y a d'autres maisons d'édition!
    écrivez, continuez, et envoyez votre nouveau roman!
    facile à dire... me direz-vous, mais c'est la clef de la réussite...allez, du courage, du courage, du courage...
    vous en êtes capable, vous êtes un auteur!
    allez, écrivez-nous un prochain message qui nous dit que votre nouveau roman avance!
    mes amitiés, Véro, de l'ombre...

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  6. Oh, mais je ne baisse pas les bras ! Bien au contraire !
    Je me suis aperçu qu'une certaine tristesse perlait de mon post, alors que je le voulais gentiment ironique.
    Je continue, bien sûr, d'écrire même si ce second ouvrage s'avère plus coriace que je ne le pensais...
    Mais qui a dit que c'était facile ?
    Merci de vos encouragements et vous aussi : gardez les yeux dans les étoiles !

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  7. Hello monsieur Crouzet!!!
    Comment allez-vous? Pas de nouvelles, bonnes nouvelles...?
    Merci pour votre message...J'ai un peu détourné mes yeux des étoiles ces derniers temps. Mon site m'a vampirisé et j'ai délaissé mon écriture pendant plus d'un mois. J'éprouve quelques difficultés à m'y remettre...
    si j'avais su...
    Perte d'énergie...pfff...pas facile...
    J'espère qu'il en est autrement pour vous et que votre roman avance. à très bientôt...
    véro..

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  8. Cher Yves Daniel, je suis votre brillant parcours depuis un an maintenant, et ce que vous dites semble aller dans le sens de ce que me confiait un professionnel de l'édition au sujet des Nouveaux Auteurs : tout est dans le titre, à savoir que leur objectif est de mettre en lumière un premier roman, point barre !
    A part une ou deux exceptions (et encore, j'aimerais connaître les ventes de la suite de Mako ou bien celles du second livre de Hepburn), aucun effort n'est fait pour s'engager sur la durée. Que sont devenus Bouygues, Manierski et les autres... ? Après tout, pourquoi pas, puisque le concept de cette maison est de lancer trois prix par an, et de passer aux auteurs suivants l'année d'après, une star ac du roman, en somme.
    Là où je suis moins d'accord, c'est que leur contrat (que je connais) engage l'auteur par clause de préférence sur cinq romans quel que soit le genre, ce qui est peu courant dans le métier. Pourquoi une telle clause, alors que cet éditeur ne lance réellement que le premier roman de l'auteur ?
    Etrange, ne trouvez-vous pas ?
    Vous méritez bien mieux que ce triste sort de la part de votre éditeur. Nul doute que vous en trouverez un autre qui vous accompagnera aussi dans l'écriture , car n'est-ce pas là le vrai rôle d'un éditeur...
    Courage !

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  9. Hé oui chère Véro, l'animation d'un site demande beaucoup de temps et se fait souvent au détriment de l'écriture. J'ai pu m'en rendre compte !
    Il faut donc parfois lever le pied.
    J'aimerais vous dire que mon roman avance mais ce n'est pas tout à fait le cas...
    Mais ne vous inquiétez pas : je n'abandonne pas !

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  10. Cher anonyme merci pour vos encouragements et bravo pour votre constat !
    J'ai consacré il y a peu un message à "ce que sont devenus" les autres, vous verrez que sauf exceptions (Hepburn et Guillaume), ils sont dans le même cas que moi.
    Petite précision cependant je ne suis "engagé" que sur trois ouvrages. une contrainte qu'il est facile de lever en envoyant... trois recueils de nouvelles !

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