jeudi 19 août 2010

Rêveries au bord de la piscine.

C'est toujours l'été, alors ne comptez pas sur moi pour sortir de mon transat !
Derrière les verres fumés de mes Ray-Ban, je lève les yeux de mon livre ( "Pouvoir et Puissance" aux Editions Sombres Rets - http://sombres-rets.fr/ -) et observe le panorama alentour. L'eau de la piscine est si bleue que c'en est presque douloureux. Heureusement, de temps à autre, un long corps gracile s'élance du bord et, fendant l'air, s'y immerge dans une explosion d'argent. Des cris de joie et des rires fusent et couvrent un instant, mais un instant seulement, le chant des cigales.
Il fait chaud. Dans mon verre les glaçons tintinnabulent gaiement. La Caïpirinha est fraîche. Je porte le verre glacé à mon front. Dieu que c'est bon !
"Monsieur Crouzet ?" lance soudain une réceptionniste sanglée dans un uniforme beaucoup trop ajusté sous une telle chaleur.
Je lève une main fatiguée en la regardant naviguer jusqu'à moi entre les corps alanguis.
Sûr que cette petite serait mieux en maillot de bain. Ou même sans rien...
"Un message pour vous, monsieur Crouzet".
Elle me tend un plateau d'argent sur lequel repose une petite enveloppe.
Derrière mes lunettes, je lorgne sans vergogne le sillon luisant qui sépare sa poitrine bronzée et généreuse.
Bon sang, je suis en plein SAS, là ! je me dis à demi hébété.
"Merci !" je souffle en me saisissant du carré de papier.
Je songe à lui demander à quelle heure elle finit son service, mais déjà elle s'en va, chaloupant sur ses talons aiguilles et me raillant de son postérieur provocant.
Je soupire... Mon gars, t'es trop vieux pour ces conneries ! Reprend une gorgée de cocktail et arrête de rêver !
Je tourne l'enveloppe entre mes doigts. Juste mon nom dessus... Une écriture féminine toute en courbes harmonieuses et sensuelles.
Le message d'une admiratrice sans doute. Moi qui voulais passer incognito !
Regard circulaire sur les privilégiés qui squattent la piscine. Peut-être la coquine est-elle ici et m'observe-t-elle, impatiente, le coeur battant d'espoir...
Est-ce la brunette sur la droite ? La plantureuse blonde en face de moi sur l'autre rive ? Ou cette sublime beauté noire à ma gauche ?
Je pose mon verre et décachette l'enveloppe, le sourire aux lèvres.
Je tire le papier à lettre couleur parme. Ça s'annonce bien !
Et je lis :

Cher auteur,

Je vous prie de trouver, ci-après, le sommaire de l'anthologie Afrique(s) à paraître aux éditions Parchemins et Traverses en septembre 2010 :

Toumaï transfert, Don Lorenjy

Les crimes des aïeux, Réjane Durand
Au pied du fromager, Ebatbuok
La reine, Kaily Caine
Ebola, Eve oemor
Yurugu, Gabriel Féraud
Sous l'aile de l'ange, Yves-Daniel Crouzet
Singeries, Meddy Ligner
Issue de la glaise, Sophie Dabat
Mirages, Pierre Cuvelier
Dala et madame Scar, Perrine Le Querrec
M'bakiri, Fred Guichen
Toumaï tango, Don Lorenjy
Qui suis-je ? dit le klapoutcheewoc, Timothée Rey

Bonne continuation.

S

PS : La prochaine fois, merci d'utiliser le correcteur orthographique intégré à tout bon logiciel de traitement de texte, car votre nouvelle nous a vraiment donné beaucoup de travail !

Brusque retour à la réalité ! Je regarde autour de moi, hagard. Le ciel me semble soudain gris. L'eau de la piscine d'un vert douteux. On dirait qu'on y a versé du Canard-WC. Les cris des enfants m'écorchent les oreilles. Mais où sont passées les sublimes créatures de tout à l'heure ? Une mère de famille tartine son époux de crème solaire. Un vieillard, tout en rides, achève d'entretenir son mélanome. Une adolescente famélique joue les Lolita avec ses lunettes en forme de coeur. Hallucinations ?
J'attrape mon verre sur le sol crasseux. Une Caïpirinha ? Que nenni : une triste bière fadasse !Un instant, je m'étais cru dans la peau de Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge.
Un instant, je m'étais cru dans un palace.
Mais je suis Yves-Daniel Crouzet... au Camping des Flots Bleus !
Oups ! A la votre !

7 commentaires:

  1. Et voilà que j'étais plongé dans la lecture, captivée par ce qui allait t'arriver!
    Je vois que tu es en bonne forme pour écrire!
    Gros bisous.
    Véro (pas celle de l'ombre, l'autre!)

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  2. Bravo, t'es dans l'antho et tant pis pour Malko !

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  3. Et toi tu y es doublement, Don !
    Bravo, j'ai hâte de voir ça !

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  4. Ouais, il paraît que ça ne se fait pô. J'aurais dû prendre un pseudo...

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  5. Je suis comme "Véro" .. captivée par tes quelques lignes j'attendais avec impatience ce qui pouvait bien se passer .... Étonnante fin qui me fit sourire ...tu n'étais pas dans un palace mais tout de même dans un camping devenu célèbre si j'en reconnais bien le nom !

    Bises

    Une fidèle lectrice qui a eu le privilège d'aller sur un des lieux d'une de tes nouvelles ...

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  6. Ahahah....Excellent!!!! Vraiment excellent!!!...Votre petite histoire me rappelle un film drôle (pour l'époque...poussif aujourd'hui) avec J.P Belmondo dans le rôle d'un auteur de romans: titre du film: Le magnifique...l'avez-vous vu? L'idée était bonne...ça vaut le détour pour le thème. C'est un film des années soixante-dix...
    Pour en revenir à vous,c'est plaisant de se faire avoir par votre mini intrigue...c'est du soleil sous la pluie...il y a du Bob sinclar là dessous...ah...ces auteurs...un yucca dans la maison et les voilà sur les routes de Californie...
    Pour ma part, j'ai terminé mes corrections d'écriture concise pour mon new roman...j'ai un peu de mal à réécrire en phrases longues, alors faut m'excuser...une habitude difficle à reprendre...si bien que...Roman terminé. stop. bientôt par chez vous. stop. soirée rigolade en prévision. stop. amatrice de bon wisky. stop. préparez signature pour dédicace. stop. à très bientôt. stop. véro de l'ombre. stop.

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  7. Bien sûr que je connais cet excellent film qui m'avait (et qui continue)à me faire rire. Il est en bonne place dans ma dévédéthèque. Rayon "Bons films comiques Français".

    Cherchant l'efficacité "à l'américaine", j'ai aussi désappris à faire de longues phrases.
    Ca m'ennuie un peu... Il faudrait que je me lance dans une histoire lovecraftienne ou un récit gothique avec des phrases qui restent en bouche et en tête comme un relent de crypte et d'humus.
    Mais là, j'ai plutôt en tête un conte pour la jeunesse.
    Le ton devrait être plus léger. Quoique...
    A bientôt chère Véro

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